Le CONDOTTIERE : un italien sous influence

Le Condottierre

 

 

Quelle belle émotion en passant devant ce tableau d’Antonello de Messine,  peintre de la renaissance italienne, peint à l’huile en 1475 lors d’un séjour à Venise ! Un petit format pourtant, 36 x 30 cm, exposé au Louvre.

Un portrait d’homme jeune, environ une trentaine d’années, présenté de trois quart, et non plus de profil comme cela se faisait depuis le moyen Age, le regard droit, froid, volontaire et quelque peu mystérieux.  Une assurance dans le port de tête, le visage carré , les mâchoires serrées,  les lèvres fermées légèrement crispées, avec une cicatrice visible sur la lèvre supérieure. la barbe naissante. Un aspect étonnamment moderne d’une homme presque contemporain, rattaché à son siècle par l’habit sombre, le col fermé, un chapeau également sombre se confondant avec le fond du tableau, sans décor, et laissant apparaître  une chevelure lisse, jeune , presque brune. L’effet de lumière diffusant du haut accentue la clarté du visage et du regard . On devine une forte personnalité chez cet homme, dont l’identification n’est réellement possible en l’absence de détails , d’ornements ou d’attributs parlants. On imagine un chef, peut être un mercenaire, d’où son surnom donné par ses contemporains , le Condottiere. Les mercenaires étaient nombreux à cette époque troublée,  anciens chefs d’armées ou nobles déchus qui prêtaient leur armes, leur savoir faire aux différents états d’Italie et plus particulièrement à Venise. Ils disparurent au XVI siècle avec la création des armées monarchiques.

On peut également sentir l’influence grandissante de la peinture flamande de cette période , dont Antonello de Messine était fervent admirateur et en particulier du célèbre Jan Van Eyck .  Il avait fait le voyage à Anvers pour aller voir travailler le maître, considéré par certains comme l’inventeur de la peinture à l’huile.

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