Du pinceau à l’émotion

Contempler une œuvre d’art  provoque en nous  des réactions qui vont largement au-delà de la simple observation.

Selon notre propre sensibilité, nos acquis, nos croyances,  nos connaissances accumulées, nos goûts, la vision d’une œuvre se qualifie presque d’elle même comme artistique, sans que l’on ait besoin d’aide . Qu’il s’agisse d’un spectacle de la nature, d’un paysage, d’une construction architecturale, d’une sculpture, d’une peinture, nous captons aussitôt l’image avec une émotion quasi immédiate , et les mots sont souvent insuffisants pour traduire cette hypersensibilité.

Bien sûr nous distinguons le beau, l’esthétique, selon notre culture, notre éducation, mais il semble que cette capacité soit innée et propre à l’homme : une alchimie entre le créateur de l’œuvre, sa pensée, son intention , sa technique, sa compétence et parfois son génie, et la vision de l’œuvre dans le temps,  par un homme, des hommes, des peuples , à travers les générations. De tous temps les hommes ont contemplé, admiré des œuvres de toutes sortes, les ont transmises comme un patrimoine génétique dans la mémoire collective.  J’imagine l’égyptien  du  premier millénaire avant JC,  l’athénien devant  le Parthénon ou une statue géante de la déesse Athéna, les élèves  de Michel Ange, les chrétiens dans les premières cathédrales . L’accès à l’art était plus difficile dans les temps anciens, maintenant nous avons des musées, des plus modestes aux plus prestigieux, les livres, et surtout la toile du Web où tout nous semble accessible.

Mais cette profusion d’images, cette accessibilité permanente  aux œuvre d’art de tous les genres, de toutes les époques n’émousse-t-elle pas notre capacité à admirer, à ressentir cette émotion profonde qu’a voulu le peintre avec son pinceau  pour toucher quelque chose en nous qui nous dépasse et qui reste mystérieux. Est ce là secret ou sacré ?

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